time :  jeudi 06 mai 2021. time : 18:05:39

Le Charles-de-Gaulle Express est-il un mirage ?

Devant relier, d’ici 2025, l’aéroport de Roissy à la gare de l’Est en vingt minutes, le CDG Express n’avance pas. Les travaux sont d’ailleurs suspendus à une décision de la Cour administrative d’appel de Paris.

Soulager le RER B, désengorger le trafic routier, se mettre au niveau des aéroports concurrents… Tels étaient les arguments des artisans du CDG Express, au début des années 2000, lorsque l’idée a émergée.

Où en est-on 20 ans après ? Au fil des années, ce projet a rassemblé de farouches opposants, qui ne désarment pas. Le tribunal administratif de Montreuil (Seine-Saint-Denis) a suspendu, en novembre, les travaux sur les sept kilomètres (32 au total), sur la commune de Mitry-Mory (Seine-et-Marne). Celle-ci avait saisi la justice, arguant que le tracé nuisait à des espèces animales protégées. Le tribunal administratif lui a donné raison, jugeant que cette infrastructure de transport n’était pas « une infrastructure indispensable ».

Une intense bataille judiciaire

L’État et les gestionnaires d’infrastructure du CDG Express – le groupe Aéroport de Paris, SNCF Réseau et la Caisse de dépôts – ont porté l’affaire devant la Cour administrative d’appel de Paris qui doit rendre son jugement le 26 mars. En attendant, le chantier est à l’arrêt, même si la livraison reste prévue pour 2025. Le CDG ne sera donc pas opérationnel pour les Jeux olympiques de 2024, comme cela était initialement prévu.

Doté d’un budget de 2 milliards d’euros, le projet a longtemps été à l’arrêt en raison d’une volonté politique peu affirmée et d’un manque de garanties sur sa pertinence. Qualifié de “train des riches” par ses détracteurs, ces derniers estiment que le Charles-de-Gaulle Express ne servira qu’à des touristes aisés ou à des cadres prêts à payer 24 euros leur billet. Ses partisans, quant à eux, indiquent que ce train va désaturer les autoroutes A1 et A3 et favoriser les investissements étrangers. Ils affirment aussi que 30 % du budget vont être consacrés à la rénovation du RER B et à son million de passagers quotidiens.

Dans l’hypothèse d’une décision défavorable de la Cour administrative d’appel, l’affaire sera assurément portée devant le Conseil d’État. De quoi s’interroger sur le respect du calendrier.

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