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Coup d’arrêt pour Europacity ?

La zone d’aménagement concerté du Triangle de Gonesse, qui doit accueillir au nord de Paris le gigantesque projet de commerces et de loisirs Europacity, ne devrait pas voir le jour. Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise vient d’en annuler la création.

 Par Mathieu Perrichet (TOUTécrit)  

Le 6 mars dernier, la justice administrative a annulé l’arrêté préfectoral du 21 septembre 2016 autorisant la création de la ZAC du Triangle de Gonesse. Cette mesure fait suite aux recours déposés par plusieurs associations de protection de l’environnement, et de défense de la qualité de vie.

Cette levée de bouclier est liée au projet d’urbanisation de 299 hectares de terres agricoles entre les aéroports de Roissy et celui du Bourget. A l’horizon 2024-2027, c’est sur ce site à une vingtaine de kilomètres au nord de Paris que doit être érigé Europacity, un immense complexe de commerces (230 000 m2) et de loisirs (parc aquatique, piste de ski, salle dédiée au cirque, boîtes de nuit) de 80 hectares. Doivent également y être implantés 800 000 m2 de bureaux, 200 000 m2 d’activités technologiques, 75 000 m2 d’activités hôtelières, 20 000 m2 de centres de formation, ainsi que la seule gare du Val d’Oise du Grand Paris Express.

Une étude d’impact insuffisante

Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a estimé « insuffisante » l’étude d’impact menée en mai 2016 dans le cadre de l’enquête publique pour la création de la ZAC. Le document n’aurait pas été assez précis sur la « manière dont les besoins énergétiques du projet allaient être couverts ». Tout comme sur son incidence sur la qualité de l’air, notamment avec les « émissions de CO2 induites par les déplacements de touristes » vers Europacity. Le tribunal a considéré que les approximations de l’étude ont « pu avoir pour effet de nuire à l’information complète de la population ou exercer une influence sur la décision de l’autorité administrative ».

Les détracteurs de l’opération se réjouissent de cette décision. « Il faut que Grand Paris Aménagement (GPA) revoie sa copie. La balle revient dans leur camp » affirme Bernard Loup, le président du Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG). L’association Le Capade se félicite également de cette annulation et rappelle dans un communiqué de presse que les « nombreuses incidences environnementales néfastes pour la population […] ne doivent pas masquer un aspect tout aussi important que sont les répercussions économiques dramatiques pour le territoire avec la disparition programmée du commerce existant et la suppression de 8 000 emplois ».

Un sondage acte le soutien populaire au projet

De son côté, le GPA prend acte. « Ce n’est pas la première fois que les procédures sont attaquées. Nous allons étudier avec précision ce jugement mais c’est l’Etat qui prendra la décision », indique l’aménageur. Benoît Chang, directeur général d’Alliages et Territoires, la société chargée de conduire Europacity, a annoncé dans une interview accordée au Journal du Dimanche daté du 11 mars que sa « feuille de route reste inchangée. Ce n’est qu’un accident de parcours. Quand vous portez un projet aussi ambitieux qu’Europacity, vous savez que vous serez inévitablement confronté à des obstacles ». A cet égard, l’homme interpelle l’Etat. « Nous avons besoin d’un soutien clair et net du gouvernement », affirme-t-il en soulignant que « selon l’institut de sondages Odoxa, 80 % des habitants du territoire et les deux tiers des Franciliens soutiennent » le projet.

Porté par Immochan – filiale immobilière du groupe Auchan – et cofinancé par le géant de l’immobilier chinois Wanda, le parc d’activités Europacity prévoit d’attirer 31 millions de visiteurs par an, en provenance du monde entier. La création, à terme, de 10 000 emplois est avancée. En tout, l’investissement s’élève à 3,1 milliards d’euros pour une livraison par étapes prévue à partir de 2024.

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