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Centres commerciaux, vers un changement d’ère

Les centres commerciaux se sont multipliés à la périphérie de Paris. Certains d’entre eux peinent à attirer durablement la clientèle. Des promoteurs cherchent à réinventer un modèle vieillissant.

En quelques années, les centres commerciaux se sont multipliés autour de Paris ; un tour de périphérique permet de réaliser l’ampleur du phénomène. Le Millénaire porte d’Aubervilliers, Bel-Est porte de Bagnolet, Bercy 2 porte de Bercy… parallèlement, de plus en plus de communes de la petite couronne s’enorgueillissent désormais d’accueillir leurs propres temples du shopping, de Levallois avec So Ouest au Kremlin-Bicêtre avec Okabé en passant par Arcueil et sa Vache noire et Rosny-sous-Bois avec Domus, spécialisé dans l’aménagement et la décoration de la maison ; les centres commerciaux ont même franchi le « périph’ » pour prendre leurs aises au cœur de la capitale, à l’image de Beaugrenelle, vaisseau de verre coiffé d’une toiture végétale qui a ouvert ses portes dans le 15ème arrondissement à l’automne 2013.

Effet de saturation ?

Dans un contexte de crise, ces ouvertures multiples de centres commerciaux étonnent. En 2013, le conseil national des centres commerciaux (CNCC) enregistrait, au niveau national, une baisse de leur chiffre d’affaires de 1,6 %, tandis que leur fréquentation accusait une chute de 1,7 % ; or, l’année précédente, la création de centres commerciaux représentait près de 203 000 m2 supplémentaires dans le paysage commercial français. Le Millénaire, un beau bâtiment haute qualité environnementale (HQE) de 56 000 m2, a connu des débuts très difficiles après son ouverture en 2011. Ses propriétaires, Icade et Klépierre, tablaient sur une fréquentation de 12 à 14 millions de visiteurs par an. Aujourd’hui, Le Millénaire en accueille un peu plus de 6 millions. Conséquence : la Fnac, une de ses enseignes-phares, a déserté les lieux dès la fin de 2012. Pour doper sa fréquentation, le centre mise sur le prolongement de la ligne 12 jusqu’à mairie d’Aubervilliers, l’implantation du siège de Veolia dans son voisinage ou encore la reconversion des entrepôts McDonald en bureaux et logements. Des projets qui ne seront achevés qu’à l’horizon 2015/2017. D’où vient ce décalage entre les ambitions des promoteurs et des propriétaires de centres commerciaux et la réalité ? « En France, les autorisations administratives prennent beaucoup de temps, observe Chris Igwe, un des grands spécialistes mondiaux du commerce de détail qui dirige le département retail/surfaces commerciales chez CBRE. Les centres commerciaux qui ouvrent aujourd’hui correspondent à des projets conçus il y a quinze à vingt ans, à une époque où on ne pouvait pas imaginer les difficultés économiques actuelles. De leur côté, les enseignes sont de plus en plus frileuses et attentives aux coûts d’implantation et de développement. On est aujourd’hui sur des processus de décision d’un an. Les propriétaires des centres commerciaux, qui ont besoin de locomotives, en souffrent ».

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