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Budget de la SGP : ça coince avec les élus franciliens !

Les présidents des sept départements franciliens, ainsi que Valérie Pécresse, la présidente de la Région Ile-de-France, ont désapprouvé le budget rectificatif présenté au conseil de surveillance de la Société du Grand Paris le 22 mars.

Par Mathieu Perrichet (TOUTécrit)

Bis repetita. Fin décembre, les élus franciliens avaient voté contre le budget 2018 de la Société du Grand Paris (SGP) afin de dénoncer les incertitudes qui planaient alors sur le calendrier de déploiement du Grand Paris Express, que l’établissement public est chargé de piloter. Trois mois plus tard, les présidents des départements de Seine-et-Marne, des Yvelines, de l’Essonne, des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne et du Val d’Oise, et la présidente de la Région Ile-de-France, ont de nouveau manifesté leur mécontentement en rejetant le budget modificatif.

« Une confiance rompue »

Une façon de marquer « leur désapprobation à l’encontre de la désinvolture […] avec laquelle le Gouvernement instrumentalise la Société du Grand Paris pour masquer le non-respect de ses engagements », ont-ils indiqué dans un communiqué de presse. En plus d’insister sur l’impact néfaste du rééchelonnement du calendrier du GPE pour les Franciliens, les élus regrettent que « le conseil de surveillance n’ait été saisi d’aucune question stratégique et n’a pas été appelé à valider les directives données à la Société du Grand Paris » par l’exécutif. Ils dénoncent le fait de n’avoir « été invités qu’à approuver une décision budgétaire modificative visant à tirer les conséquences des décisions du Gouvernement, en ne disposant que d’informations scandaleusement lacunaires ».

Afin de rétablir une « confiance rompue par l’attitude choquante de l’Etat vis-à-vis des élus et des populations qu’ils représentent », les huit élus veulent que « le conseil de surveillance soit invité à débattre, d’abord des orientations stratégiques de la Société du Grand Paris, puis d’un budget présenté de manière exhaustive et transparente ».

Un vote sans conséquence

Si la rupture semble bien consommée, cette nouvelle fronde n’a toutefois qu’une portée symbolique. En effet, les élus n’étant pas majoritaires au sein du conseil de surveillance, ce deuxième budget modificatif – après celui de juillet 2017 – de 6,4 milliards d’euros en autorisations d’engagement et 2,92 milliards en crédits de paiements a malgré tout été adopté. Toutefois, les présidents des départements et de la Région « ont bien l’intention de se faire entendre. Ils réfléchissent activement aux suites à donner à cette décision, notamment lors d’une nouvelle réunion de la SGP qui se tiendra prochainement en présence des élus », indique Fabrice Madouas, directeur de la communication des Yvelines.

Ce nouveau budget doit notamment permettre le financement de la notification des marchés des systèmes et des sites de maintenance de la ligne 15 Sud – actuellement en construction – ainsi que la poursuite des travaux de génie civil concernant en particulier la ligne 16 vers Clichy-Montfermeil. Il doit aussi permettre la modernisation du réseau existant (prolongement de la ligne E du RER et de la ligne 11 du métro entre autres).

Photo : Philippe Yvin, président de la SGP (crédit SGP).

 

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