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Bientôt des péages urbains à Paris ?

La future loi sur les mobilités ne sera débattue qu’au printemps mais quelques pistes envisagées par le gouvernement ont d’ores et déjà filtré. Et certaines d’entre elles ne font pas l’unanimité.

Par Mathieu Perrichet (TOUTécrit) 

Faciliter la mise en place de péages urbains, voici l’une des mesures phares de la loi d’orientation sur les mobilités (LOM) que l’exécutif prépare pour le printemps. C’est la ministre des Transports, Elisabeth Borne, qui l’a annoncé dans le journal Les Echos daté du 17 janvier. “Aujourd’hui, la loi donne déjà cette possibilité aux collectivités, mais seulement à titre expérimental et pour trois ans, ce qui est trop court au vu des investissements à consentir. Il faut y remédier”, plaide-t-elle.

Hidalgo et Pécresse sont contre

Déjà mis en place dans de nombreuses villes européennes (Londres, Milan, Göteborg notamment) afin de résorber les embouteillages, réduire la pollution et encourager l’utilisation des transports en commun, le dispositif n’a jamais été testé en France où il est loin de plaire à tout le monde. À commencer par certains élus qui redoutent un effet discriminatoire. En octobre dernier, la maire de Paris, Anne Hidalgo, se prononçait contre : “Je ne veux pas qu’il y ait un péage qui interdise aux habitants de la banlieue de rentrer dans Paris […], ce n’est pas du tout ma vision des relations entre Paris et sa métropole. David Belliard, président du groupe écologiste au Conseil de Paris abonde dans ce sens : “Il n’est pas forcément nécessaire d’avoir un péage urbain qui permette uniquement aux riches d’accéder aux villes et aux pauvres de prendre les transports en commun”, indiquait-il en janvier dernier.

La municipalité juge plus juste et efficace la mise en place de la vignette Crit’air qui permet de classifier les véhicules les plus polluants. Par ailleurs, la Mairie de Paris étudie la possibilité de taxer les poids lourds qui empruntent le périphérique. Une idée approuvée par la présidente de la région Valérie Pécresse, qui est également opposée aux péages urbains.

Le péage positif à l’essai

Toutefois, le dispositif n’a pas que des détracteurs. Jean-Louis Missika, adjoint à la mairie de Paris en charge des projets du Grand Paris, estimait en octobre que “la question du péage urbain et périurbain mérite d’être posée”. Quant à Huguette Fouché, conseillère régionale d’Ile-de-France, elle juge la mesure intéressante à condition que les plus petits revenus ne soient pas pénalisés. Ainsi, cette élue pencherait davantage pour un péage positif. Au lieu de faire payer les automobilistes sur la route, il s’agirait de rétribuer ceux qui décident de ne pas utiliser leur véhicule aux heures de pointe. Une telle expérience a été testée à Boulogne-Billancourt et à Lille.

Encourager les comportements vertueux

La loi sur les mobilités, qui s’annonce particulièrement dense, comprend d’autres axes de réflexion comme la création d’une vignette pour les camions circulant sur le territoire national, qu’ils soient français ou étrangers, afin de participer au financement des infrastructures. Selon un groupe de travail des Assises de la mobilité, cette mesure rapporterait 550 millions d’euros par an. Parmi les autres pistes, l’exécutif réfléchirait à autoriser les taxis amateurs dans les territoires ruraux, à savoir le transport rémunéré “entre particuliers”, pour fournir des solutions de déplacement aux personnes ne disposant pas d’un véhicule. En outre, des voies ferrées peu utilisées pourraient être reconverties en pistes dédiées aux voitures autonomes. Enfin, la possibilité pourrait être offerte aux collectivités de délivrer des licences aux VTC et vélos en “free-floating” (libre-service sans station) qui se multiplient depuis quelque temps, notamment à Paris, avec le risque d’encombrer les trottoirs, sans que la mairie ne puisse rien faire.

Enfin, le futur texte devrait renforcer le rôle des pouvoirs publics locaux – notamment des régions – pour réguler et organiser la mobilité sur leur territoire. L’objectif étant d’encourager les comportements vertueux des usagers, en proposant des alternatives efficaces à la voiture individuelle.

 

 

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